À la Une

Raskar Kapac remet en scène Maurice Ronet!

A vos marques! Raskar Kapac VI disponible en librairie et kiosque! Un numéro spécial 12 pages!
Au programme:
Le retour de Maurice Ronet avec le concours de Michael Lonsdale, Éric Neuhoff, Jean-Pierre Montal, Laurent Schang, Alfred Eibel, et pour couronner le tout des photographies inédites de Ronet glissées par notre ami Pierre-Guillaume de Roux.
Succède au dossier Ronet, un dossier vagabondages avec un magnifique photo-reportage en Irlande du Nord (à l’occasion du centenaire de la Pâques sanglante). Entre Belfast et Derry…
Un voyage en Sardaigne avec Alfred Eibel.
Pérégrinations et errances en compagnie de Jacques Sommer, Sylvain Tesson, Jack London et Panaït Istrati
Une nouvelle tropicale signée Patrick Abraham, le grand gagnant du concours raskar-kapien.
Mais aussi, Pierre Chardot qui évoque le très lippien Jacques Laurent etThomas Morales qui célèbre La petite gamberge de Robert Giraud (Quand le populo habitait encore intra-muros…)
Et tout cela n’est qu’un début!

Pour la commande: raskarkapac.tictail.com

 

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Venez vite commander les derniers exemplaires du Raskar couleur consacré au peintre Soutine!

Pour ceux qui ne l’ont pas encore ou qui le cherchent! Nous remettons en vente une petite quinzaine de Raskar n°2 (la dernière!). Un numéro couleur consacré au peintre Chaïm Soutine. N’hésitez pas! Les premiers seront… les premiers servis! Le sommaire du numéro (et pour passer commande) en cliquant sur le lien tictail ci-dessous:

http://raskarkapac.tictail.com/product/raskar-r%C3%A9anime-cha%C3%AFm-soutine

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L’édito: Raskar Kapac barbotte avec Maurice Ronet!

ÉDITO

Raskar sur écran noir… Rappelez-vous, l’après-guerre
tout contre elle vit surgir un souffle neuf. Un souffle
désinvolte, fragile et malicieux ; inquiet, viril et désabusé.
Un vent nouveau, aux antipodes du graillon de la guerre
et des métaphysiques d’usine. Et dans cette génération,
lancée en pleine course d’orientation, quelques visages
tragiques ont su porter haut la tendresse sanglante
de ces coeurs. Maurice Ronet fut – à ses dépens ! – l’un
des plus ardents porte-étendards de ces âmes lasses,
et pourtant assoiffées d’amour et d’aventure. Des âmes
aux couleurs chatoyantes du paradoxe. Tantôt acides
et provocantes, tantôt prévenantes et délicates. Ronet,
c’est cela. C’est tout cela. La gueule bénie d’un séraphin ;
le regard du diable en pleine chute. Des projets en
pagaille qui lui brûlent la cervelle, et les mains qui
glissent sans une escale où s’arrimer. Maurice Ronet,
c’est James Dean sans l’artifice. C’est Musset sans
les pleurs. C’est l’acteur qui pour jouer ne force rien, tant
sa vie intérieure le nimbe d’une grâce et d’un mystère
opaque. Ronet, c’est l’esthète qui laisse aux trottoirs
la doxa. C’est celui qui murmure après Brasillach
« Vienne la nuit que je m’embarque, Loin des murs que
fait ma prison », sans se soucier des cabots de la Mère-
Morale. Ronet, c’est l’homme qui sut se faire adorer
d’Anouck Aimé, et qui embrassait gaiement les filles
légères de Barcelone. C’est l’enfant qui colore la nuit
et celui qui chante la vie dans toutes ses gammes
tragiques. C’est l’adolescent qui chasse l’ennui, et que
l’angoisse poursuit. Mais aussi le gentilhomme de l’amitié
et la silhouette racée de la mélancolie. L’amoureux
qui voit danser les soleils d’ambre et de malt au fond
des verres, et le baroudeur qui part filmer les dragons
sur l’île de Komodo.
Voilà le passeport de Maurice Ronet… Maintenant, chers
lecteurs, silence et que grondent les moteurs…
Action !

Yves Delafoy

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L’édito: Raskar Kapac sous le signe de Corto Maltese!

ÉDITO

Il est le seul à parler aux corbeaux de Stonehenge et aux
léopards de Tanzanie ; à rêver des étoiles avec les statues
de l’Ile de Pâques et à voir deux lunes la même nuit, en
Argentine ; à danser avec des squelettes et à échapper
à la Mort dans une course-poursuite ; à être traqué par
son double, à disparaître dans des livres ; à boire du
chambertin en temps de guerre ; à combattre un sousmarin
avec Merlin et la fée Morgane à ses côtés ; à lutter
à mains nues contre des caïmans et des tortues géantes.
Cet homme si étrange, c’est Corto Maltese. Que sait-on
de lui ? Peu de choses, en réalité. Sujet britannique, né
à Malte, résidant à Antigua. Sa mère est une prostituée
de Gibraltar, son père un marin. Il a un passé de bandit
en Argentine puis de pirate dans les îles du Pacifique.
Il loge un peu partout, dans les quartiers mal famés de
Hong Kong, dans des pensions en Suisse ou en Guyane
hollandaise, chez ses connaissances aux quatre coins
du monde. On sait qu’il tient l’amitié pour la valeur la
plus haute. Aucun de ses amis ne se ressemble : entre
Raspoutine, un aventurier russe qui jure de le tuer,
Cush, un guerrier danakil, et Steiner, un vieux savant
alcoolique, rien de commun. Sauf peut-être une chose:
Corto irait jusqu’en enfer pour les retrouver.
Corto aime aussi les femmes, passionnément – tout en
se méfiant d’elles comme de la peste. « Je préfère tomber
dans les bras d’une femme plutôt qu’entre ses mains. »
Son romantisme, son aristocratie semblent venir d’un
autre temps. « Peut-être suis-je le dernier exemplaire
d’une dynastie complètement éteinte qui croyait en la
générosité… En l’héroïsme… » Mais il sait être aussi très
cynique. À un agonisant qui lui demande pourquoi il
refuse de révéler un secret, il rétorque tranquillement :
« Parce que je suis méchant. » Enfin, il y a une chose qu’il
révère par-dessus tout : partir. « Je dois partir, je dois
partir, je dois partir », assène-t-il à une femme, éberluée
face à tant d’instabilité, dans Tango. Alors sans plus
tarder, hissons le drapeau noir et mettons les voiles avec
Corto Maltese !

Archibald Ney

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L’édito: Raskar Kapac fricote avec Guy Hocquenghem!

ÉDITO

La foudre consume les lettres. Guy Hocquenghem hurle
sur les barricades. Mai 68 renversera l’ordre bourgeois.
Mais, dès le mois de juin, les barricades s’effondrent.
Hocquenghem n’a pas dit son dernier mot. Il continue sa
lutte à mort contre la norme. Les pédés seront la nouvelle
armée de subversion. Un « fléau social » aux vertus de
matamore. Vive la bâtardise et l’exotisme oriental !
Mais les anciens camarades s’en foutent. Ils troquent
le drapeau noir pour les insignes du kapo. Renégats de
la liberté. Le pouvoir les absorbe, les consensualise, les
adoube nouveaux chevaliers d’Occident. Hocquenghem
démasque les tartuffes. Sa voix nasillarde -aux vibratos
autoritaires- tétanise les impies. Les opinions tièdes
l’écoeurent. Années 80… La création romanesque
l’éloigne du brouhaha militant. Guy donne naissance à
une ribambelle de personnages. Il y a Adam, le malade
aérien ; Amar et sa sensualité d’aveugle, saint Jean
et sa poésie spirituelle, Frère Angelo et ses amours
hérésiarques… Guy Hocquenghem n’est pas avare
de lui-même. Il se déboutonne à travers son écriture.
Alors, en route ! Jetons nous avec lui dans le magma
des années 70-80 ! Sexe obscur et création artistique !
« Un journal qui respecte la tranquillité de ses lecteurs,
c’est un dortoir ou un hôpital. » affirmait Hocquenghem.
N’oubliez pas chers lecteurs, Raskar Kapac est de « la
race de ceux qui chantent sur le bûcher ».

Maxime Dalle

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L’édito: Raskar Kapac s’embarque avec l’Aéropostale!

ÉDITO

Serre, Lécrivain, Reine, Gourp, Dumesnil, Érable…
Autant de noms qui échauffent jusqu’à la transe les
cervelles honorables. Une fois ces figures et leurs
bravoures répétées comme des légendes, les mains
crépitent, s’accrochent à de vieux Bréguet 14, et les yeux
voient alors défiler en un fantasme les plus ardents
déserts, les brouillards impénétrables, l’Océan déchaîné
ainsi qu’une femelle en rut et les mortels entonnoirs de
la Cordillère.
Mais la Compagnie Latécoère, puis l’Aéropostale, ont
acquis leur noblesse la plus haute par l’intransigeance et
la pureté de trois de leurs pilotes: Mermoz, Guillaumet,
Saint-Exupéry. Après eux court une aura sans fards, l’aura
de trois hommes pour qui le surpassement d’eux-mêmes
se mêlait à leur volonté d’airain. Ils semblent avoir été
modelés par Dieu pour l’aviation, exclusivement. Et c’est
dans l’acceptation des rigueurs du ciel que leur liberté
s’est fortifiée. Ils ont vécu avec une passion démente
cette soif impérissable de l’azur neuf, qui chaque jour
se conquiert par un risque toujours renouvelé, et jamais
similaire au précédent vol. Plus que des voyageurs, ils
ont aimanté l’aventure à leurs ailes. À leurs chairs.
À 150 Km/h, ils ont remué la masse des continents
et des rituels ancestraux des peuplades primitives.
Rudement, ils ont étreint le monde par-dessus l’écume
d’or et de sang du vieil Atlantique. Mais, toujours, pour
ces êtres à qui la vie se donne tout entière, le fil des
Parques se consume avec cruauté. Chez ces hommesoiseaux,
chaque événement prend la force du signe,
et, inexorablement, malgré les luttes dont ils sortaient
chaque fois vainqueurs, le lacet du destin se rétrécit,
jusqu’au funèbre baiser des flots et de l’avion.
Saluant ces fils d’Icare, pour qui le soleil fut un père
nourricier, Raskar s’embarque !

Yves Delafoy

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L’édito: Raskar Kapac réanime Chaïm Soutine!

ÉDITO

Soixante-dix ans. C’est le temps qu’il a fallu pour que
Soutine sorte de son purgatoire. En 2013, enfin, le
grand public découvre son nom : une grande exposition
à l’Orangerie, et une enchère record à New York, 18
millions de dollars pour Le Petit Pâtissier. Il a dû bien
se marrer dans sa tombe du cimetière Montparnasse, le
petit Soutine. Lui qui, à ses débuts à Paris, peignait les
arrivages de poissons dans les Halles pour tromper sa
faim.
Après tout, il l’a peut-être cherché, ce long anonymat.
Il détestait montrer ses toiles. Artiste secret, mais qui
bouillonnait à l’intérieur. Homme d’une discrétion
maladive : il n’avait pas l’exubérance d’un Modigliani, ni
la facilité d’un Picasso. Il n’a jamais cherché à se mettre
en scène, ayant une souveraine indifférence pour la
gloriole. Il peignait comme il respirait : pour lui c’était
une évidence.
« L’un des rares peintres religieux qu’ait connu le
monde », selon Élie Faure. « Un saint de la peinture »,
cherchant en permanence la rédemption dans sa mission
d’artiste. Paradoxal pour un peintre athée. C’est que
sa foi ne résidait pas en Dieu, mais dans une croyance
désespérée en la matière charnelle. Prométhée égaré
dans une époque où l’art s’enfonçait dans l’abstraction,
il a tenté, jusqu’à la folie, de peindre la vie de la façon la
plus exacte qui soit.
L’art était pour lui plus réel que la vie. Il était capable
de voyager une nuit dans un wagon de bestiaux pour
contempler les toiles de Rembrandt à Amsterdam.
Perfectionniste acharné, qui pouvait attendre des
heures que le vent se lève, en restant les bras croisés,
pour obtenir le paysage souhaité. Pendant l’hiver, il ne
touchait plus à ses pinceaux durant des mois, car il avait
besoin du soleil de printemps qui illuminait tant ses
tableaux. Magicien qui faisait s’ajuster la nature et les
saisons à sa peinture.
Grand travailleur, mais qui aimait passer des journées
entières à rire avec Modi, sur les terrasses des cafés.
Mutique, restant des heures sans décrocher un mot,
mais pouvant aussi parler longuement de ses écrivains
et peintres préférés. Ascète au régime très strict, mais
qui ruinait ses efforts dans d’abominables cuites. Peintre
de la souffrance, lui-même torturé par un ulcère très
douloureux à l’estomac, mais qui confiait avoir toujours
été un homme heureux. Autant de contradictions qui le
rendent tellement humain, trop humain.
Alors oui, réanimons Chaïm Soutine ! De l’air et du sang !

                  Archibald Ney

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Edito: Raskar Kapac ressuscite Jean-René Huguenin !

× LITANIES JACULATOIRES ×

× Kafka prend perpette devant la Porte de la Loi
× Dans un village de Crête, le Greco peint sa première icône
× Beethoven compose le second mouvement de l’Opus 111
× Hergé pleure dans les bras de Tchang Tchong-Jen
× Casanova s’évade de la prison des Plombs
× Borges et Drieu écoutent un guitariste dans les
faubourgs de Buenos Aires
× Pavese, d’une main rédige ses derniers mots, de l’autre
en finit
× Zorba danse le sirtaki sur les pages de Kazantzaki
× Maldoror poursuit sa tambouille sans le Père Ducasse
× Raphaël meurt enseveli sous les femmes à 37 ans
× Mermoz survole le détroit de Gibraltar
× Albert Ayler joue La Marseillaise dans le port de New York
× Une fillette prie pour la victoire de la Marne ; Léon Bloy veille
× Dali achète Gala à Paul Eluard
× Van Gogh s’envole avec les Corbeaux
× Nietzsche reçoit l’Eternel retour à Sils Maria
× Antoine Blondin boit une Suze au Bar du Pont-Royal
× Bernanos chante L’Internationale dans une cellule de la Santé
× Verlaine pénètre Rimbaud d’une balle de revolver
× Wittgenstein écoute une mélodie de Schumann ; il
repose son pistolet
× Hugo Pratt jouit dans les bras d’une Indienne Xavantes
en Amazonie
× Brasillach au poteau d’exécution : « Vive la France,
quand même ! »
× Artaud fomente une révolution au Mexique
× Dostoïevski joue sa vie à la roulette
× Jean-René Huguenin monte sur le bûcher…

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